Les Piliers d’Hubble et d’Herschel !

En 1995, le télescope Hubble prenait en photo les Piliers de la Création. Colonnes de poussières interstellaire, ce « monument » spatial est magnifique. Pour les 20 ans de la photo, la NASA a décidé de remasterisé l’image d’origine en ce début d’année 2015, en lui offrant un traitement HD.

L’image remastérisée de 2015

PilierCreation-xlarge

Ces piliers, qui mesurent 5 années lumière de « haut », n’existent plus aujourd’hui. Ils sont en effet situé à 6 500 années lumières et ont vraisemblablement été dispersés à travers l’espace. Mais regarder le ciel, c’est regarder le passé, et nous pouvons toujours admirer cette « structure » depuis la Terre.

Voici l’image d’origine qui date de 1995

PilierCreation-originale

Mais pourquoi recourir à l’écho métaphysique de l’expression « Piliers de la Création » pour décrire de tels objets ? Baptiser des morphologies interstellaires par des noms animaliers ou minéraux est assez commun. Il est clair que des étoiles sont fabriquées, en un sens, « créées » dans ces colonnes de gaz. Mais en astrophysique, on parle de formation stellaire et non de création stellaire. Avec l’expression des piliers de la création, n’est-on pas implicitement dans la référence religieuse d’un créateur qui apparaît à son peuple dans des manifestations majestueuses et terrestres, telles les colonnes de nuée de l’Exode ? Le jeu des couleurs utilisées, retravaillé dans la seconde version de l’image Hubble des piliers de la création, nous ramène d’ailleurs sur Terre. En mettant du bleu pour l’oxygène, du vert pour l’hydrogène et du rouge pour le soufre, et en retraitant les contrastes et la qualité de l’image, ces piliers ressemblent à des nuages atmosphériques pour les moins romantiques ou à des paysages d’un nouveau monde pour les plus aventuriers. Pourquoi avoir recours à un halo religieux pour dénommer des zones célestes quasiment vides ? Ne peut-on pas y voir des phares dont l’étoile naissante au bout du pilier abreuve l’univers de sa lumière encore pâle ? Un orage ténébreux pour le marin ? Les images brutes d’Hubble ou d’Herschel nous ramènent à un monde en noir et blanc ou faussement monocolore. Elles sont transformées en images dont les échelles de couleurs décrivent la valeur d’une quantité physique, et qui exhibent parfois les stigmates d’une analyse informatique. Comment trouver l’équilibre entre la création artistique, la poésie d’un titre et la rigueur scientifique, tout en s’attachant à transmettre la vérité, la captation instrumentale et des émotions ? Les « colonnes de gaz des usines à étoiles » auraient été un titre plus proche de la vérité scientifique ! – source

Voir un article complet sur le sujet par ici : Les piliers de la création revisités par Herschel

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. ressacar dit :

    Cette semaine, j’ai écrit un sonnet inspiré de l’oeuvre de Balzac intitulé Les piliers de l’existence, drôle de coïncidence que tu nous sortes ça!🙂

    Aimé par 1 personne

    1. egouvernaire dit :

      Un hasard ou une loi de la nature encore inconnue 😊

      Aimé par 1 personne

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