10 Règles du Cinéma d’Action par Shane Black !

Scénariste hors paire qui a oeuvré sur la série de « L’Arme fatale » de Richard Donner, du « Dernier Samaritain » de Tony Scott, et des deux films mythiques de John Mc Tiernan : « Predator » et « Last Action Hero »  avec l’incommensurable Arnold Schwarzenegger, voici 10 Règles du Cinéma d’Action selon Shane Black !

10 Règles du Cinéma d’Action

1. Révéler l’intrigue par l’action
2. Ménager des temps forts et des temps faibles
3. Ajouter des accidents de parcours
4. Placer des blagues dans la continuité dialoguée
5. Rendre l’action Subjective
6. Jouer des maladresses
7. Détourner / Jouer avec les Conventions
8. Exploiter la technique du set-up, pay-off
9. Enchainer les renversements de situation
10. Développer un sens aigu du danger

Et pour ceux qui veulent approfondir, voir les règles détaillées plus bas…

Shane Black est également le réalisateur de « Kiss Kiss Bang Bang » son premier film en tant que réalisateur, de la grosse liseuse de Marvel « Iron Man 3 » à qui il a su insuffler une âme au personnage de Tony Stark. Le réalisateur est revenu en mai dernier au Festival de Cannes pour présenter  « The Nice Guys », sélectionné Hors Compétition, et accompagné de ses acteurs Ryan Gosling, Russell Crowe, et la charmante Engourdie Rice.

The Nice Guys est une comédie décalée qui met en scène le duo déjanté formé par Ryan Gosling et Russell Crowe au cœur du Los Angeles des années 70 et dans laquelle le réalisateur prend un malin plaisir à appliquer toutes ses règles.

Voici en bonus un magnifique poster qui saisit le ton rétro et esthétique des affiches de cinéma des années 70, et du film.

The Nice Guys, écrit et réalisé par Shane Black (2016)

The Nice Guys, Affiche de Matthew Woodson, Police de caractère crée par Jay Shaw
The Nice Guys, Affiche de Matthew Woodson, Police de caractère crée par Jay Shaw

Et pour aller plus loin voici les règles expliquées par le réalisateur lui-même, et illustrées avec des exemples.

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1. Révéler l’intrigue par l’action

Cela semble évident, mais je vois beaucoup de films qui ont alternent les scènes d’intrigues et les scènes d’actions. Mais si vous enlever toutes les scènes d’action, en gros, cela ne ferait aucune différence pour le sens du film. Je pense que l’action doit toujours aller de pair avec l’histoire de sorte que chaque élément du récit est interconnecté. Prenez les films « Star Wars originaux » : chaque séquence d’action est parfaitement chronométrée et est conçue non seulement pour exciter le public à un niveau viscéral, mais aussi pour révéler des éléments cruciaux de l’intrigue et de ses personnages.

2. Ménager des temps forts et des temps faibles

Un film d’action devrait, comme tout autre, suivre les traditions narratives de la littérature. Cela signifie qu’il devrait y avoir de la subtilité, une accumulation lente et un rapprochement progressif de tous les fils séparés de l’intrigue. Les voir progressivement tous venir ensemble est très gratifiant pour le public. Mais si vous faites tout aller à cent à l’heur dès le début, le film perd tout son impact ou son sens. Je veux dire, si un camion vol dans les airs et atterrit sur le capot de votre voiture, cela doit être très impactant. Mais si des choses comme ça se déroule constamment tout au long de l’histoire, cet évènement deviendra banal. Un film d’action peut avoir trop d’action et en fin de compte cela devient ennuyeux à la longue. Maintenant, regardez les variations avec des hauts et des bas dans un film tel que : « Les Dents de la mer ». Les accalmies, les moments forts : c’est une danse émotionnel avec le spectateur.

3. Ajouter des accidents de parcours

J’ai un ami qui est un ambulancier. Il m’a dit que lors d’une intervention, un gars était tombé d’une corniche sur une autoroute et qu’il était mort instantanément. Le gars discutait avec une amie en lui disant qu’il allait partir, et il a sauté du rebord une seconde plus tard en sautant du pont. Voilà comment des moments de drame se déroulent dans la vie réelle. Rapidement, spontanément et sans avertissement. Voilà comment ils devraient être dans les films d’action, aussi. La violence et l’action doivent ponctuer des circonstances tout à fait normale. Souvent dans les films, ces moments durent simplement trop longtemps.

4. Placer des blagues dans la continuité dialoguée

J’ai toujours recours à l’humour dans mes films d’action. Je pense que les personnages qui font des blagues sous le feu de l’action sont plus réels. Elles aident en quelque sorte à vous mettre à leur place, mais seulement si les blagues s’inscrivent dans la continuité du dialogue. J’adore les films où les personnages ne cessent pas de se balancer des vannes. De vraies personnes dans des situations réelles ne cessent pas de parler en attendant que leurs gags soit enregistrés ou applaudis.

5. Rendre l’action Subjective

Dans mes films, j’essaie de rendre toute l’action subjective, pour vous donner envie d’en faire partie. Vous pouvez voir une personne disparaître dans l’ombre, puis un coup de feu venir de nulle part. Un bon exemple de ce style est la scène de fusillade dans No Country For Old Men. Vous êtes dans la peau du protagoniste. Ce qui le surprend vous surprend.

6. Jouer des maladresses

Au milieu de moments de violence, il y a souvent des actes de maladresse. Je tente de profiter de l’humour et de l’horreur qu’ils suscitent. Comme par exemple dans : « Pulp Fiction », quand ils sont au volant et que John Travolta tire accidentellement l’enfant sur le siège arrière. Il est bon de montrer des choses absurdes qui effectivement se produisent pendant des moments inattendus, ou des moments de chaos et de violence.

7. Détourner / Jouer avec les Conventions

Disons que vous avez des personnages qui marchent dans une maison hantée. Ils se rendent compte qu’il y a un fantôme là-bas et ils décident d’enquêter plus loin. Mais si j’étais en train d’écrire ce film, je les aurais fait sortir de la maison en courant quand ils se rendent compte qu’elle est hantée – et ils auraient couru sur des kilomètres en s’enfuyant. Par convention, ce n’est pas ce que le public attend – mais c’est exactement ce qui se passerait dans la vie réelle. Dans « Kiss Kiss Bang Bang » j’ai un personnage jouant à la roulette russe. Il met une balle dans une arme à feu et fait tourner le barillet. La tension monte – et puis au premier coup, il se grille la cervelle ; alors qu’habituellement, vous attendez d’une scène de roulette russe qu’elle produise du suspens dans le temps.

8. Exploiter la technique du set-up, pay-off

Il y a un excellent exemple de cela dans « Volte Face ». Près du début du film, John Travolta explique à sa fille comment se défendre avec un couteau : il dit qu’elle devrait poignarder un gars dans la jambe et tordre le couteau une fois qu’il est dedans. À la fin du film, le public a presque oublié la scène. Mais quand la fille tombe sur un mauvais gars, la tenant en joue avec un pistolet sur sa tête et qu’elle sort son couteau, tout le monde se souvient. Quand elle le poignarde dans la jambe, le public applaudit. Et quand elle tord la lame, il applaudit encore. Le public adore ces moments où quelque chose qu’ils ont vu plus tôt dans le film revient et qu’il se dise : « Bien sûr! » Parfois j’écris une scène et je pense pour moi-même : « Ce serait encore mieux si je préparais cela beaucoup plus tôt dans le film. » Alors je reviens à la page 15, et j’insère un set-up qui n’a pas réellement d’utilité directe mais qui aura son effet plus tard.

9. Enchainer les renversements de situation

Il y avait un long gag dans cette émission de télévision humoristique « Hee Haw » et qui résume très bien l’idée de renversements. Un mec raconte l’histoire d’un homme qui tombe d’un avion. Son ami dit : « Oh non, il est dans un sale pétrin ! » Et le premier gars dit : « Eh bien, il avait un parachute. » Donc, le deuxième gars dit : « Ouf, il s’en sort bien. » Mais alors le premier gars dit : « Ouais, mais le parachute ne s’ouvre pas. » Et ce qui se passe ensuite, c’est que le gars a un second parachute, mais qu’il a une déchirure, mais qu’au final, il tombe sur une botte de foin, sauf que sur la botte de foin, il y avait une fourche pointée en l’air etc. Les séquences d’action ont besoin de cette inversion constante de bonne et mauvaise fortune. Comme le héros qui tue un serpent mais dans le même temps ouvre un placard qui est rempli d’une centaine d’autres serpents. Pour ce genre de renversement, vous pouvez aussi revoir le duel Luke / Vader à la fin de « L’Empire Contre Attaque ».

10. Développer un sens aigu du danger

Si quelqu’un tire avec un pistolet dans un film, ça devrait toujours être le signe d’un grand danger. Je n’aime pas les films où quelqu’un tire sur un autre, et que sa cible a juste à fuir en esquivant la balle. Ou bien quant tous les protagonistes se tirent dessus en continu pendant 10 minutes. Vous avez besoin d’un choc et d’un impact quant à la nature du véritable danger chaque fois que la violence a lieu. Cela ne peut pas être juste une scène de foire sans danger. Pour un film développant un réel sens du danger, regardez : Les Rois du désert, où l’on nous expose de manière très détaillé les risques d’un choc septique quand on se fait tirer dessus. Plus tard dans le film, il y a une fusillade, et quand un gars se fait tirer dessus, vous vous souvenez instantanément cette explication détaillée. Vous vous rendez compte que le personnage risque sa peau et qu’il a besoin d’aide, maintenant !

source – crash, bang, wallop what a picture

 

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