L’Antigène Louisse Synopsis

Quelque part dans les années cinquante…

–      MARDI 15 –  17:15 GMT       –

 C’est une barrière planté là ! Dans un paysage immense de roche et de sable saharien ; pigmenté de cristaux rouges. C’est un tube en bois, parallèle au sol, deux mètres de long ; bariolée rouge et blanc comme un sucre d’orge. Un enfantillage de maîtres qui séparent en deux des kilomètres de frontières. C’est un tronc mort ramassé là, gardé par des sauvages en treillis portant des lunettes de touristes, verres miroirs… au delà de la frontière, la piste se poursuit à-travers un champ de mine – balisée par des batons et des pancartes :

DANGER CHAMP DE MINES

Une fois le poste frontière passé à coup de sueurs et de dollars en liquide, LOUISSE et KELLE s’enferment dans un silence cérémonial ; elle qui quelques minutes auparavant se livrait à lui comme le ferait une fille à son père – Orpheline, elle a grandit dans un foyer d’accueil puis s’est émancipée dans une famille chrétienne en se révoltant contre ses dogmes. Elle s’est engagée pour oublier ces gens, se sentir vivre et utile, au contact du pire. Aujourd’hui, elle se sent libre – Le camion roule avec prudence sur la piste entre les balises.

La quarantaine rivée au coin des yeux, encadrés par des montures rectangles en plastique noir, modèle sécu, LOUISSE porte le costume naphtaline de ses vingt ans, les manches retroussées à mi-bas et l’ourlet jaunis par la crasse – ses mains sur le volant en reflet sur ses verres – son brassard de missionnaire noué à l’avant bras et le front fripé tout en sueur.

KELLE est posée sur la banquette à ses côtés, irrésistible ; une salopette en jean mouille sa peau qui transpire – des tâches de cambouis et d’huiles de moteur incrustées dans la trame humide de son vêtement et sur l’empreinte de ses doigts – ongles noirs et mains moites.

Ils transportent une banque de sangs et d’organes dans un camion frigorifique destiné à un hôpital de campagne au nord du pays. Une aide humanitaire pour des populations exilées par la faim et la guerre.

Alors que le trajet se déroule sans encombre, un vent de sable s’élève  d’Est en Ouest et les oblige à un arrêt complet pendant la tempête.

– LE TEMPS EN SUSPENS(E) –

 La tempête est interminable et la fatigue les plonge dans un profond sommeil de rêves et de fantasmes

AU POSTE FRONTIERE

KELLE s’exhibe au-delà de la frontière léchant délicieusement un sucre d’orge

la prunelle humide de ses yeux

de l’autre côté

LOUISSE cache sa nudité derrière un attaché case

rectangle noir

le visage barbouillé de mousse

 

une femme et une enfant en treillis barrent la route

regards miroirs

 

KELLE cache un sabre derrière son dos

du sang sur son entrejambe

 

– LE LONG DE LA FRONTIERE INTERDITE –

 LOUISSE et KELLE se réveillent et découvrent que leur camion est planté en plein milieu du champ de mines. Aucune trace de la piste. Une partie des mines ont émergés en surface et leurs carapaces brillent au soleil – pire – l’une d’entre elle est située sous le camion, juste en dessous du réservoir d’essence.

Ils sont coupés du monde ; l’émetteur radio dévoré par un sable pénétrant et le camion à moitié enseveli sous un flanc de dune : une main sculptée par le vent. Seul le récepteur basses fréquences est opérationnel.

La présence des mines les oblige à rester à bord du véhicule, sans mettre pieds à terre. Ils espèrent l’arrivé rapide des secours, qui à défaut de nouvelles devraient s’organiser ; néanmoins, saisis par le doute, ils préparent leur survie…

Depuis le début LOUISSE ressent une attirance inavouable pour KELLE – quelques dunes évoquent déjà sa cambrure et le dos de ses fesses – il ne se reconnaît pas et confie ces tendances à un journal de bord enregistré sur bande.

Alors que KELLE tente de désamorcer la mine sous le véhicule, les pensées de LOUISSE se tournent vers sa femme qui l’a quitté. Un divorce, elle est partie avec sa fille. Tout ça à cause d’un travail qui occupait tout son temps, usait sa patience et son humeur. Dix ans qu’il n’a pas vu sa fille, elle doit avoir l’âge de KELLE maintenant. Il s’est engagé pour oublier tout ça et voilà qu’avec la peur il y pense plus que jamais…

Soudain, un SOS retentit dans la radio de la cabine et capte toute son attention – un pilote d’avion affirme s’être écrasé sur la frontière interdite, à l’Ouest, suite à une tempête soudaine…. il demande de l’aide à quiconque l’entende….

Les jumelles en prolongement de son regard, il veut vérifier et recherche les traces du pilote dans l’Ouest couchant. Il croit apercevoir l’ombre d’une aile s’étirer sur le sable quand la nuit tombe.

La mine désamorcée, KELLE se remet de ses émotions. LOUISSE lui fait part du message radio et de l’ombre aperçu à l’Ouest. KELLE est convaincue d’un mirage, d’autant plus qu’avec la chaleur, LOUISSE est sujet à des saignements de nez et des vertiges ; en plus, cette histoire de frontière interdite et de pilote est obscure. LOUISSE espère au levé du soleil montrer cette ombre à KELLE et faire la preuve de ce qu’il avance.

LOUISSE devient obnubilé par la survie du pilote alors que KELLE se préoccupe surtout de leur situation et des menaces qui pèsent sur eux si les secours tardent. Il leur reste trois jours d’essence pour le générateur qui alimente en électricité le système de réfrigération du camion ; quant à l’eau et la nourriture, ils n’ont que deux jours de réserves.

La première nuit est très froide, proche du gèle, mais la fatigue les plonge dans un sommeil inné-branlable.

– AU FIL DU RASOIR –

 A son réveil, LOUISSE découvre que les lentilles de ses jumelles sont cassées – il accuse KELLE qui s’est déjà levée – elle nie – en plus, elle laisse traîner ses vêtements partout sur la banquette ! Et son odeur qui la rend si désirable imprègne toute la cabine ; ce désir honteux et détestable qu’il qualifie de « puant ».

Les secours tardent, les mines sont à nouveau ensevelies sous le sable et le conflit s’envenime – au fil du temps – sous une chaleur infernale… chaque détail devient sujet de discorde.

LOUISSE se confie à son journal de bord. KELLE n’éprouve aucune gène à faire sa toilette devant lui ! A exhiber son corps, à lui parler de ses problèmes intimes, de douleurs au ventre – et du sangEn réalité KELLE se contente d’être, désirable et sans tabou, avec une pointe de nervosité due à des règles abondantes ; des manières qui le rend malade. LOUISSE développe une forte angoisse à l’idée que le pilote puisse mourir seul ; il commence à prendre des tranquillisants et d’autres remèdes contre ses maux de têtes.

KELLE désapprouve ces mélanges – il refuse de l’écouter et l’accuse d’avoir cassé ses jumelles.LOUISSE sort d’une poche un revolver et la menace – l’arme est un point brillant comme une étoile – KELLE, aveuglée, se protège d’un bras et avoue.

Au matin, elle s’est levée et a pris les jumelles pour vérifier seule, sans son influence, si elle voyait ou non quelque chose. Quand elle a regardé à l’ouest, elle a été éblouie – probablement par une mine – l’éblouissement a été si fort qu’elle a lâché les jumelles, elles se sont brisées en tombant.

LOUISSE doute que l’éblouissement provienne d’une mine car elles ont étés ensevelies sous le sable dans la nuit… c’est surement le pilote qui leur fait signe ! KELLE lui rétorque que de toute façon, c’est trop risqué d’atteindre cet avion à cause des mines. Il suffit d’une pression de cinq kilos cinq kilos pour les faire exploser. S’il veut jouer au sauveur et tenter sa chance, il n’a qu’à y aller !

LOUISSE est désarmé par cette dernière évidence, il abaisse son revolver et se tait. Dès lors, la méfiance s’installe définitivement dans tous leurs échanges. LOUISSE envoie une fusée de détresse vers l’ouest et attend le signe d’une réponse.

La journée passe en silence. Le mal de LOUISSE empire alors que KELLE est victime d’une hémorragie très douloureuse. Les réserves de nourriture et d’eau sont épuisées. Reste leur cargaison ! Du sang frais et quelques organes quand la nuit tombe…

AU POSTE FRONTIERE

LOUISSE et KELLE s’éloignent agrippée l’un à l’autre

une ombrelle en protection sur leur peau nu

ils sirotent à la paille une pochette de sang

et s’amusent à faire du bruit en aspirant le liquide

 

sur la frontière

mortes

la mère et sa fille tailladées par une lame

…au bord du gouffre de la folie et des fantasmes, tout peut arriver…

 

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. j’ai survolé de façon très brève ton blog, je vois que tu aimes bien la SF, la fantasy et l’univers des jeux vidéo. tu veux écrire des scénarios ? tu en es où de tes écris ? déjà publiés, en cours ?

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    1. egouvernaire dit :

      J’ai écris plusieurs scénarios de moyen métrage (26′ ou 52′) sans avoir pu les réaliser. De la SF, du fantastique ou expérimentaux. Je n’ai pas eu le temps de les convertir en eBook pour les publier (cela faisait partie de mes intentions avec ce site). Je travail sur un Roman court, d’aventure, qui mélange de nombreux genres- notamment la fantasy et le péplum, de le but d’être publié.

      J'aime

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